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17 avril : Premier Grand Prix du Pacifique en 1994, et avant-dernière course de F1 disputée par Ayrton Senna

17 avril : Premier Grand Prix du Pacifique en 1994, et avant-dernière course de F1 disputée par Ayrton Senna

Mercredi 17 avril 2024 par René Fagnan
Crédit photo: Galeron

Crédit photo: Galeron

Le circuit d'Aïda a été la scène du premier Grand Prix du Pacifique tenu le 17 avril 1994. S’il a été remporté par Michael Schumacher aux commandes de sa Benetton-Ford, il a signifié l’avant-dernier Grand Prix du Brésilien Ayrton Senna.

À cette époque, le Japon connaissait un boom économique formidable, et plusieurs entreprises nippones majeures investissaient dans les écuries de Formule 1. Bernie Ecclestone rêvait de présenter un deuxième Grand Prix au Japon afin de satisfaire ces investisseurs. Un premier Grand Prix du Pacifique devait être tenu sur le circuit d’Autopolis, mais c’est finalement le tracé d’Aïda, situé dans une région montagneuse, reculée et difficile d’accès, qui a reçu la bénédiction d’Ecclestone.

Le circuit d’Aïda a été conçu et construit par Hajime Tanaka, un riche promoteur et collectionneur, qui y a intégré un complexe touristique haut-de-gamme. Le circuit était réservé aux riches clients qui désiraient piloter leurs voitures sport sur un tracé sécuritaire. Après inspection, le circuit long de 3,7 kilomètres, renommé TI Circuit Aïda, est jugé apte à recevoir des bolides de F1 et même des anciennes monoplaces de F1.

Mais pour accueillir la F1, la préfecture d'Okayama doit investir énormément d’argent pour élargir la petite route sinueuse qui se rend au complexe. La ville d’Aïda ne compte que 4000 habitants, à peu près pas d’hôtels ni de restaurats, et les grandes villes les plus proches se trouvent à au moins 160 km, ce qui cause des maux de tête aux départements de logistique des écuries.

Aux prises avec une Williams FW16 à moteur Renault dont il n’apprécie pas la tenue de route, Ayrton Senna réalise néanmoins la pole position avec un chrono 1’10”218 devant la Benetton B194-Ford de Michael Schumacher (1’10”440), l’autre Williams de Damon Hill (1’10”771) et la McLaren MP4/9-Peugeot de Mika Häkkinen (1’11”683).

Ayrton Senna abandonne encore

Contre toute attente, une foule immense, estimée à 55 000 amateurs, affronte la petite route et le trajet final effectué en autobus pour assister au spectacle. Qui sera de très courte durée…

Schumacher prend un excellent départ (et c’est à ce moment que certains ont commencé à suspecter la Benetton d’être munie d’un dispositif d’antipatinage et d’un logiciel de départ). Senna fait patiner ses pneus arrière, ce qui permet à Häkkinen de remonter sur lui et de tenter d’effectuer un dépassement au premier virage. Mais le Brésilien prend sa trajectoire normale et sa monoplace touche celle du Finlandais. La Williams part en tête-à-queue et est ensuite percutée par la Ferrari de Nicola Larini, qui remplace Jean Alesi blessé.

La poussière retombe et Senna s’extrait du cockpit de sa Williams endommagée, fort déçu. Du bord de la piste, il ne peut que constater que la course est, pour ainsi dire, jouée, car Schumacher s’éloigne du reste du peloton à la vitesse grand V. Pour le champion brésilien, il s’agit d’un deuxième Grand Prix consécutif où il signe la pole position et qu’il doive abandonner.

Schumacher, au volant de sa Benetton, est tout simplement au-dessus du lot. Après 15 tours, il dispose d’une avance de 11 secondes sur la McLaren de Häkkinen. Après 20 tours, cette avance a bondi à 41 secondes ! Elle culmine à une minute après une cinquantaine de tours parcourus.

Après 83 tours, Schumacher décroche sa deuxième victoire en deux courses. Il franchit l’arrivée avec une avance colossale de 1’15”300 sur la Ferrari 412T1 de Gerhard Berger et la Jordan 194-Hart de Rubens Barrichello.

La petite histoire ne dit pas combien de temps les spectateurs, les équipes et les officiels ont perdu en quittant le circuit sur la petite route sinueuse… Pour Senna, il s'agissait de l'avant-dernier Grand Prix de F1 en carrière. Le drame d'Imola allait survenir exactement deux semaines plus tard.