Après les mythiques rallyes de Monaco et de Suède, c’était en fin de semaine un autre rendez-vous avec une épreuve emblématique pour les participants du Championnat du monde des rallyes (WRC), avec le Safari Rallye du Kenya.
L’histoire de cette épreuve remonte à plus de 70 ans. Le rallye est né en 1953 sous le nom de "Mombasa Rally", avant de devenir le célèbre "Safari Rally" en 1954. Dès ses débuts, il se distingue par son parcours unique, qui traverse les paysages variés du Kenya, des savanes aux montagnes, en passant par les forêts et les déserts. Ce rallye, qui a toujours été particulièrement difficile, met en avant non seulement la rapidité des équipages, mais aussi leur endurance et leur capacité à affronter des conditions extrêmes : routes non pavées, températures élevées, faune sauvage et terrains accidentés.
En 1973, le Safari Rallye du Kenya entre dans l’histoire du WRC en tant qu'épreuve du championnat du monde. Puis, le rallye a connu une pause en 2002, en raison de préoccupations liées à la sécurité et à la logistique. Mais après presque deux décennies d'absence, c’est en 2021 que le Kenya a fait son grand retour en WRC, sous une forme modernisée, mais toujours fidèle à son esprit d'origine.
Des noms de pilotes doublement vainqueurs de l’épreuve tels que Juha Kankkunen, Richard Burns, Tommi Mäkinen et Colin McRae y sont associés à jamais. Pour ce qui est des vainqueurs contemporains depuis 2021, Sébastien Ogier et Kalle Rovenperä y détiennent tous les deux une première place, avant de voir un nouveau nom s’ajouter au palmarès au terme de cette édition 2025.
Ott Tänak et son co-pilote Martin Järveoja ont dominé la première partie du rallye sur des routes poussiéreuses et cassantes. Mais vendredi après-midi, alors qu’il était solide meneur avec plus de 45 secondes d’avance après avoir signé un 4ᵉ meilleur temps en 6 spéciales, le duo estonien de l’équipe Hyundai a perdu toute chance de victoire. Alors que de l’huile semblait couler de sa voiture après l’ES8, Tänak et Järveoja ont été contraints de s’arrêter durant la liaison vers l’ES9.
Les problèmes se sont confirmés lorsque les champions du monde 2019 ont pris le départ de cette spéciale à une très faible allure. Rapidement, les secteurs ont montré que ce n’était plus qu’une question de temps avant qu’ils ne perdent les commandes du Safari Rallye du Kenya 2025. Le couperet est tombé lorsqu’ils ont franchi la ligne d’arrivée avec 1’08“1 de retard sur Kalle Rovanperä et Jonne Halttunen (Toyota), auteurs de leur premier meilleur chrono de l’épreuve.
Une aubaine pour Elfyn Evans qui n’en demandait pas tant pour prendre la tête du rallye. Le Gallois, déjà vainqueur de la précédente épreuve en Suède, n’a plus jamais laissé la moindre chance à son coéquipier du Toyota Gazoo Racing, Kalle Rovanperä. Sur des chemins tantôt défoncés par la pluie de la nuit de vendredi à samedi et remplis de boue, tantôt secs et poussiéreux, Evans et Martin ont su faire preuve de prudence quand il le fallait. Ils remportent l’événement avec une minute et 9,9 secondes sur Tänak/Järveoja.
Quant à Rovanperä et son co-pilote Jonne Halttunen, la 2ᵉ place qui leur semblait promise s’est envolée ce dimanche matin en vue de l’arrivée, en raison d’un problème avec la courroie d’alternateur de leur Toyota Yaris Rally1 en parcours de liaison ! Un abandon qui leur coûte de beaucoup de points au championnat, les double champions (2022-23) se retrouvant désormais seulement septièmes après trois rallyes disputés, loin derrière Thierry Neuville (52 points) et surtout Elfyn Evans (88 unités).
Pour Thierry Neuville et Martijn Wydaeghe (Hyundai i20 N Rally1), ce rallye se termine mieux qu’il n’avait commencé. 4ᵉ malgré deux pénalités écopées pour des retards de contrôle horaire après des soucis mécaniques, l’équipage belge finit 3ᵉ. À 3’32" des vainqueurs. La 3e Hyundai, celle d’Adrien Fourmaux, a en revanche été contrainte d’abandonner durant la journée de vendredi, victime d’une crevaison puis d’une roue arrachée. Le pilote français est revenu en compétition ce dimanche dans l’espoir de conquérir des points dans la Power Stage, ce qu’il a réussi avec le meilleur chrono, devant ses coéquipiers Neuville et Tänak. Fourmaux est classé 16ᵉ.
Sami Pajari/Marko Salminen et Takamoto Katsuta/Aaron Johnston, tous deux sur Toyota, auraient dû compléter le Top 5, mais en partant en tonneau dans la Power Stage puis en devant renoncer sur le parcours de liaison le menant au contrôle horaire final, Katsuta/Johnston n'ont pu être classés. La première Ford Puma Rally1, celle du Luxembourgeois Grégoire Munster et de son co-pilote belge Louis Louka, est donc 5ᵉ. Lauréats de la classe WRC-2, Gus Greensmith et Jonas Andersson (Škoda Fabis RS) finissent 6ᵉ toutes-catégories, devant Jan Solans/Rodrigo Sanjuan (Toyota Yaris Rally2), Jourdan Serdiridis/Frédéric Miclotte (Ford Puma Rally1), Fabrizio Zaldivar/Marcelo Der Ohannesian (Škoda Fabia RS) et Joshua McErlean/Eoin Treacy (Ford Puma Rally1).
Seulement 25 équipages étaient inscrits à cet événement. Pour le classement complet, cliquez ici.
WRC : Elfyn Evans ajoute le Safari Rallye du Kenya à son palmarès et prend ses distances au 1er rang du championnat 2025 !
Dimanche 23 mars 2025 par Marie-Lyse Tremblay
Crédit photo: Toyota Gazoo Racing